Corentin Coko

vendredi, 20 novembre 2009 By Athos99

Corentin Coko en concert à l'Usage du Monde à Genève

Genève regorge d’une multitude de scènes musicales animées par des passionnés qui sont peu connues du public. C’est le cas de "L’usage du Monde", qui est une salle offrant d’excellentes conditions, places assises, un public très attentif, une très bonne acoustique et une grande scène. Cette salle programme principalement des interprètes francophones de qualité mais malheureusement sa programmation ne bénéficie pas d’une grande publicité de la part des médias. Sur ce blog, où j’essaie de vous signaler régulièrement des concerts moins connus.

Corentin Coko est un jeune auteur-interprète-compositeur qui sort de l’ordinaire. Bien que ce soir là, il était seul sur la scène de "l'usage du monde", il a fait preuve d'une présence incroyable et prouvé qu'il est un très bon interprète en mettant en avant ses textes avec une diction parfaite.  Un peu comédien dans ses effets théâtraux, il fait vivre ses chansons et capte son auditoire en s’accompagnant de son accordéon et du piano. Ses chansons sont actuelles et enflammées, elles ont pour sujet les humains, le consumérisme, le mal de vivre, les étrangers... en devenant un généreux le défenseur des causes considérées comme perdues. (Il a toujours une pétition à faire signer lors de ses concerts).

Il vient aussi de sortir son CD son titre abracadabrant « Tango des organes se départageant le corps de l'homme » qui a été très bien accueilli par les critiques.

Pour son passage en Suisse, il a repris « Dollar » une vielle chanson du chanson de Gilles (Jean Villars) et sans doute pour faire un clin d’œil aux critiques qui le compare au grand Jacques Brel, il a chanté "Une vache à mille francs" qui une parodie de Jean Poiret de la "Une valse à mille temps".

.

Corentin Coko en concert à l'Usage du Monde à Genève

.

Lors d’un concert de Coko, en plus du plaisir d’entendre ses chansons, on se cultive en (re)découvrant des chansons oubliées. Il nous fait partager sa passion pour les chansons engagées du 19ème siècle et en particulier pour celles d’Eugène Pottier (Il a écrit les paroles de l’internationale). Coko nous a interprété « le capital », une chanson qui a été écrite en 1880 et qui est frappante par son actualité et dont le texte est très fort.

Le Capital par Eugène Pottier

De tous les droits que l'homme exerce
Le plus légitime au total
C'est la liberté du commerce
La liberté du Capital
La loi c'est "l'offre et la demande"
Seule morale à professer
Pourvu qu'on achète et qu'on vende
Laissez faire, laissez passer !

Et que rien ne vous épouvante
Car y glissa-t- il du poison
Si le marchand triple sa vente
Il prouve net qu'il a raison
Que ce soit morphine ou moutarde
Truc chimique à manigancer
C'est l'acheteur que ça regarde
Laissez faire, laissez passer !

Les travailleurs ont des colères
Dont un savant n'est pas touché
Il faut bien couper les salaires
Pour arriver au bon marché
Par un rabais de deux sous l'heure
Des millions vont s'encaisser
Et puis croyez-vous qu'on en mesure
Laissez faire, laissez passer !

Pour le bien des corps et des âmes
Doublons les heures de travail
Venez enfants filles et femmes
La fabrique est un grand bercail
Négligez marmots et ménage
Ca presse pour vous prélasser
Vous aurez des mois de chômage
Laissez faire, laissez passer !

L'étranger a l'article en vogue
Trouve un rapide écoulement
N'écoutons pas ce démagogue
Qui nous prédit l'engorgement
Il faut bravant ces balourdises
En fabriquant à tout casser
L'inonder de nos marchandises
Laissez faire, laissez passer !

Par essaims, le chinois fourmille
Ils ont des moyens bien compris
Pour s'épargner une famille
Et travailler à moitié prix
Avis aux ouvriers de France
Dans leur sens, il faut s'exercer
Pour enfoncer la concurrence
Laissez faire, laissez passer !

Sous le Siège dans la famine
J'ai défendu la liberté
Voulant fidèle à la doctrine
Rationner par la cherté
Chaque jour et sans projectile
Par vingt mille on eut vu baisser
Le stock des bouches inutiles
Laissez faire, laissez passer !

Qu'on accapare la denrée
Qu'on brûle greniers magasins
Que pour régler des droits d'entrée
On se bombarde entre voisins
Que le faible soit la victime
Bonne à tromper piller sucer
L'économie a pour maxime
Laissez faire, laissez passer !

Eugène Pottier, le 29 juillet 1880

.

Corentin Coko en concert à l'Usage du Monde à Genève

.


Mot clés : , ,

A propos d’Athos99

Athos99
Je m'appelle Michel Bobillier alias Athos99, je suis un blogueur et photographe à Genève en Suisse Romande et j'espère vous faire partager ma passion avec ce photoblog. (blog photo) La suite....

Pour me contacter :

Rechercher

Archives